
Samedi 05 septembre, 12:30 à Ti an Trouz, 8 rue Jean Jaurès à Douarnenez, en partenariat avec Poèmes bleus, nous ferons entendre des extraits de « Jadis poïena » de Hélène Sanguinetti, éd. Flammarion, 2025.

Samedi 05 septembre, 12:30 à Ti an Trouz, 8 rue Jean Jaurès à Douarnenez, en partenariat avec Poèmes bleus, nous ferons entendre des extraits de « Jadis poïena » de Hélène Sanguinetti, éd. Flammarion, 2025.
Ludivine Joinnot vit à Charleroi où elle est née en 1979.
Notes de charbon, L’Ail des ours, 2026.

« Mes racines m’obsèdent / territoire de souvenance / maintes fois foulé / pas de regrets pas de remords / plutôt flashs sur / la photo aux bord brûlés ».
La poésie est forme privilégiée pour ces vagabondages en « territoire de souvenance », ces réminiscences qui telles « les empreintes de café se font tenaces ». Les poèmes font revivre un nous qui est d’abord un groupe d’enfants ayant grandi dans le même bassin minier de Belgique, dans les mêmes paysages de haldes, de fouilles, de friches, de roselières, de zones de combustions et de quartiers de maisons jumelles identiques. Ils en ont goûté la vie sociale, « quand noircit le charbon / près du bassin houiller / la fraternité / les fêtes interminables ».
Mobile, ce nous identifie aussi les mineurs eux-mêmes dans la rudesse de leur labeur (« nous résistons / travaillons encore et encore / faisons refaisons mille fois / les mêmes gestes »), dans leur quotidien, dans ces « jours où rien ne se passait », dans leurs solidarités aussi. Solidaire de ce nous, le je ne fait d’ailleurs que de rares apparitions. Se devine une fierté d’être de ce territoire: « nous trouvons la source / de nous particularités / au pied des terrils ».
Ouvertes sur une question à la fin du premier poème (« que savons-nous des couleurs / sur la palette des siècles? »), ces Notes de charbon se referment sur un doute qui questionne le moyen: « le silence se vit-il mieux dans le poème? ».
Né en 1942 à Douarnenez, Jean-Pierre Le Goff est mort en 2012.
Journal des neiges, librairie La Brèche éditions, 2022.

Ce recueil, journal des jours neigeux de quatre années successives, d’abord publié en 1983 est le premier livre de Jean-Pierre Le Goff.
« En écrivant ceci dans un café, j’aperçois la neige qui s’est mise à tomber comme si la précipitation des mots avait déclenché la chute des flocons. »
Magique rapport de causalité entre l’écriture et la neige. Les rêveries que suscitent cette dernière prennent racines dans le terreau de l’enfance. Posée sur la grille d’un portail elle suggère le travail d’une dentellière, en étendue gelée évoque une pâte feuilletée et pourrait aussi bien être produite par la nuit. Elle est matériau à pétrir pour en faire des boules ou des bonhommes en chapeaux, fumeurs de pipes mais aussi support de vagabondage mental et « qui aspire à être orné de guirlandes de mots ». Elle incite à plonger « vers je ne sais quelle profondeur » pour s’émerveiller ou suivre une pensée qui frôle parfois la métaphysique.
« Un train surgit recouvert de neige, ailleurs est déjà là »: l’image saisissante me vivifie.